L’équipement d’un portail captif WiFi tient en trois postes : une connexion internet stable, un routeur capable de gérer l’authentification et la bande passante, et assez de points d’accès pour couvrir la surface. Pour 30 à 50 utilisateurs simultanés, comptez une fibre de 20 Mbps, un routeur dual-core 1 GHz avec 512 Mo de RAM et deux points d’accès. Qualité de service, sécurité et redondance se dimensionnent ensuite à partir de ces trois choix.

La connexion internet fixe le plafond de tout le reste : aucun routeur ne compense un lien saturé. En zone urbaine, la fibre optique reste le meilleur choix pour un portail captif : débit symétrique, latence faible, visioconférence et jeu en ligne utilisables. Comptez au minimum 20 Mbps pour 30 à 50 utilisateurs simultanés.

Hors zone fibrée, Starlink est l’option réaliste, à environ 50 000 FCFA par mois. Son installation prend une journée et ne demande aucun câblage vers l’extérieur du site, ce qui en fait la solution la plus rapide en zone rurale. La latence varie en revanche, et le service reste sensible aux conditions météorologiques.

Le principal défaut de la fibre n’est pas technique mais contractuel : la disponibilité se limite aux zones urbaines et le délai de raccordement dépend de l’opérateur. Sur un site à ouvrir vite, un lien Starlink en attendant la fibre évite de retarder la mise en service.

Le routeur : le composant à ne pas sous-dimensionner

Le routeur d’un portail captif fait tourner l’authentification, le décompte du temps et le partage de bande passante en plus du routage. Il lui faut au minimum un dual-core à 1 GHz et 512 Mo de RAM, 1 Go au-delà d’une cinquantaine de sessions simultanées, et un support natif du hotspot et de RADIUS, sur lequel s’appuie l’intégration du paiement Mobile Money.

Trois fonctions font la différence à l’usage. La QoS plafonne le débit par utilisateur et empêche un téléchargement de saturer la ligne. Les VLAN séparent le trafic des clients de celui de l’administration. La gestion à distance par console cloud évite un déplacement à chaque changement. Les modèles courants tiennent en trois gammes :

  • Moins de 300 000 FCFA : Mikrotik RB4011 ou hEX S, TP-Link ER605 v2
  • 300 000 à 600 000 FCFA : Mikrotik CCR1009, Ubiquiti UniFi Dream Machine Pro
  • Plus de 600 000 FCFA : Mikrotik CCR2004, ou pfSense sur matériel dédié

Les points d’accès : un par tranche de 50 à 70 m²

Les points d’accès d’un portail captif se comptent à partir de trois données : la surface, les obstacles et le nombre d’utilisateurs simultanés. En intérieur, un point d’accès couvre 50 à 70 m² ; en extérieur, 100 à 150 m². Chacun tient 30 à 50 utilisateurs simultanés. Retenez le plus grand des deux nombres, celui de la surface et celui de la fréquentation.

Côté caractéristiques, privilégiez le WiFi 6 (802.11ax) pour le débit, le double bande 2,4 et 5 GHz pour la souplesse, et l’alimentation par Ethernet (PoE) : un seul câble porte données et courant, ce qui allège la pose. Une gestion centralisée pilote ensuite tous les points d’accès depuis une seule interface. Les modèles les plus déployés se classent ainsi :

  • Budget serré : TP-Link EAP245 en intérieur, EAP225-Outdoor en extérieur
  • Budget moyen : Ubiquiti UniFi AP AC Pro, UniFi AP 6 Lite
  • Budget confortable : Ubiquiti UniFi AP 6 Pro, Ruckus R650

La pose compte autant que le modèle retenu. Installez les points d’accès à 3 ou 4 mètres de hauteur, à l’écart des obstacles métalliques, en câble Ethernet de catégorie 6 minimum et sans dépasser 100 mètres par segment. En extérieur, prévoyez un boîtier IP65, une protection contre la foudre et des fixations anti-vent.

Trois configurations types et leur budget

Un portail captif pour un petit site de 30 à 50 utilisateurs, une résidence étudiante par exemple, revient à environ 500 000 FCFA hors abonnement : fibre de 20 à 30 Mbps, routeur Mikrotik hEX S (150 000 FCFA), deux points d’accès TP-Link EAP245 (180 000 FCFA), switch PoE 5 ports (50 000 FCFA) et 120 000 FCFA de câblage et pose.

Un site moyen de 50 à 100 utilisateurs, typiquement une cité résidentielle, monte à environ 1 470 000 FCFA : fibre 50 Mbps ou Starlink, routeur Mikrotik CCR1009 (450 000 FCFA), quatre points d’accès Ubiquiti AC Pro (600 000 FCFA), switch PoE 8 ports (120 000 FCFA) et 300 000 FCFA d’installation.

Un grand site de 100 à 200 utilisateurs, un campus par exemple, atteint environ 3 500 000 FCFA : fibre 100 Mbps ou Starlink Business, routeur Mikrotik CCR2004 (800 000 FCFA), huit points d’accès Ubiquiti WiFi 6 Pro (1 600 000 FCFA) et deux switchs PoE 16 ports.

Ces montants couvrent le matériel et la pose, pas l’exploitation : ajoutez 25 000 à 50 000 FCFA d’internet et 8 000 à 15 000 FCFA d’électricité par mois. Rapportez le tout au calcul de rentabilité d’un site en cité, qui table sur 45 000 FCFA de charges pour 60 000 à 80 000 FCFA de revenus mensuels.

Débit partagé, sécurité et continuité de service

Le partage de la bande passante se règle forfait par forfait, pour éviter qu’un seul utilisateur absorbe la ligne. Le portail captif applique un plafond selon le forfait acheté, puis une priorité par type de trafic : navigation et jeu en ligne en priorité haute, streaming vidéo limité à 720p, torrents et P2P en priorité basse ou bloqués.

  • Forfait 1 heure : 2 Mbps maximum
  • Forfait journalier : 3 Mbps maximum
  • Forfait hebdomadaire : 5 Mbps maximum
  • Forfait mensuel : 10 Mbps maximum

La sécurité du réseau repose sur trois réglages. L’isolation client empêche les utilisateurs de se voir entre eux et coupe court aux attaques ARP et au DHCP spoofing. Le pare-feu ferme les ports dangereux et filtre les contenus illégaux lorsque la loi l’exige. Les journaux de connexion, légalement obligatoires, se conservent et se surveillent.

La continuité de service se prépare avant la première panne. Un onduleur de 2 à 4 heures d’autonomie couvre les coupures courantes, un routeur secondaire en 4G/LTE avec bascule automatique prend le relais si le lien principal tombe, et un point d’accès de rechange évite d’attendre une commande. C’est cette disponibilité qui fait du site une source de revenus passifs.